Mémoires françaises

Le 18ième, le mouvement des Lumières

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Le 18ième, le mouvement des Lumières

Message par Maczek le Dim 1 Jan - 11:21

Les Lumières, mouvement littéraire et culturel

Le siècle des Lumières va apporter un renouveau en Europe et en France. Ainsi l’homme devient celui qui va penser par lui-même, et qui va être capable d’éclairer les gens en apportant le savoir et également combattre les ignorances.

En France, il commence en 1715, à la mort de Louis XIV qui depuis 1666 avait mis en place un pouvoir autoritaire. A sa mort, cela va (r)amener la liberté de penser ou encore l’esprit critique.

Ainsi ce sont des philosophes qui grâce à l’écriture (lettres, dialogues argumentatifs, contes philosophiques, essais et encore l’Encyclopédie) et à la plus large diffusion des livres ou des journaux ou encore le développement de discussion dans des salons, vont pouvoir mettre leur talent au service de ce mouvement. La littérature se transforme en arme de guerre. Critique, satire, dénonciation sont maintenant les thèmes des nouvelles œuvres de philosophes comme Voltaire, Diderot, Montesquieu ou encore Rousseau.
Les critiques se tournent vers la société, les satires se multiplient contre le pouvoir, la monarchie absolue, l’Eglise ou encore les problèmes de la société comme la guerre, les préjugés ou encore l’esclavage. On dénonce le fanatisme religion qui rend intolérant par rapport aux autres religions, le pouvoir autoritaire contraire à une monarchie éclairée qui prône la justice et l’égalité (thèse du « despote éclairé ») ou on met en avant des sociétés parfaites comme les utopies qui permettent de dénoncer la société dans laquelle on vit et de réhabiliter le droit au plaisir, droit interdit par l’Eglise.

Ils veulent donc chercher à développer l’esprit critique de leurs contemporains. « Aie le courage de te servir de ton propre entendement » telle est la devise des Lumières.

Ainsi le résultat de ce nouveau combat aboutira à la révolution française, à la prise de la Bastille symbole de la monarchie absolue, ou encore à la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.


Œuvre littéraire des Lumières :
Candide de Voltaire (regard d’un étranger sur la société, boucherie de la guerre, effets du progré…)
L’Ingénu de Voltaire (dénonciation de la société à travers l’Ingénu, condition des protestants, pouvoir autoritaire….)
Les Fables de Jean de la Fontaine
Les Caractères de Jean de la Bruyère
L’Encyclopédie (1750-1772)

(Exemple) Article « Paix» de l’Encyclopédie :
La guerre est un fruit de la dépravation des hommes; c'est une maladie convulsive et violente du corps politique ; il n'est en santé, c'est-à-dire dans son état naturel, que lorsqu'il jouit de la paix; c'est elle qui donne de la vigueur aux empires; elle maintient l'ordre parmi les citoyens; elle laisse aux lois la force qui leur est nécessaire; elle favorise la population', l'agriculture et le commerce; en un mot, elle procure au peuple le bonheur qui est le but de toute société. La guerre, au contraire, dépeuple les États; elle y fait régner le désordre; les lois sont forcées de se taire à la vue de la licence qu'elle introduit; elle rend incertaines la liberté et la propriété des citoyens ; elle trouble et fait négliger le commerce; les terres deviennent incultes et abandonnées. Jamais les triomphes les plus éclatants ne peuvent dédommager une nation de la perte d'une multitude de ses membres que la guerre sacrifie; ses victoires même lui font des plaies profondes que la paix seule peut guérir.

Texte argumentatif avec une critique directe sur la guerre.

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Re: Le 18ième, le mouvement des Lumières

Message par vinz le Dim 15 Jan - 19:37

Attention, les Lumières sont magnifiques mais non parfaite.
Tout d'abord, La Fontaine et la Bruyère sont dans le siècle de Louis XIV, donc bien loin des Lumières.
Et comment parler des Lumières sans mentionner les géants que sont Jean-Jacques Rousseau, Diderot, D'Alembert, Goethe...
Les dramaturges et créateur d'opéra: Rameau, Beaumarchais...
Ne pas oublier non plus les scientifiques: Linné, Buffon, Lavoisier, les Montgolfier, Parmentier...
Ou encore en économie: Adam Smith, Quesnay, Turgot...
Les découvreurs: La Pérouse, James Cook...
Et j'en oublie!

On peut combattre les abus de la justice et ne pas vouloir la liberté: il suffit de voir les cas de Lally-Tolendal ou de Beaumarchais.
Petit rappel concernant Lally-Tollendal qui est moins connu.
Gérard Trophime comte de Lally et baron de Tollendal etait le fils illégitime de Thomas comte de Lally. Ce dernier fut accusé de la perte de Pondichéry par le Parlement. Condamné a mort, son fils appris que c'etait son père le jour de sa mort. Avec l'aide de Voltaire à partir de 1773 il veut réhabiliter son père. On connait le fameux portrait "Trophime-Gérard, comte de Lally-Tollendal, dévoilant le buste de son père" de Jean-Baptiste Claude.
En 1778, l'arret du Parlement casse la condamnation mais revient sur sa décision par la suite. Il estdonc un noble éclairé et il se fait élire comme député de la noblesse aux Etats Generaux. En tant qu'avocat ,il participe au comité de constitution. Mais sa position évolue en fonction des événements d'octobre 1789. Il émigre en 1790 et entre dans la contre-révolution. Il veut défendre le roi lors de son procès, mais on le lui refuse. Il revient sous Napoléon en France et devient finalement marquis de Lally-Tollendal sous Louis XVIII( le titre de marquis était selon le nouveau roi, le seul qui n'avait pas été utilisé par la noblesse d'empire créé par Napoléon)
Il entre à l'académie et meurt en 1830.
Petite bio pour montrer la complexité des Lumières...


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Re: Le 18ième, le mouvement des Lumières

Message par Doc le Dim 15 Jan - 19:44

Salut, vinz avant toutes interventions sur notre forum il faut tout d'abord passer par ici http://memoiresfrancaises.forumgratuit.org/f1-votre-presentation Wink sinon merci de ton intervention et bonne soirée Smile
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Re: Le 18ième, le mouvement des Lumières

Message par Maczek le Dim 15 Jan - 20:24

Bonsoir vinz,

Content de savoir que tu t'es inscrit.

Exact, la Fontaine et la Bruyére sont bien du régne de Louis XIV mais on pense souvent que le siècle des Lumières correspond aux années de la révolution Française mais elle commence bien avant. Louis XIV (en pensant je dois faire un topic dessus) a été traumatidé par la fronde qui a failli renverser son père il a donc voulu installer un pouvoir très autoritaire et là ce sont les philosophes (écrivains...) qui commencent à regarder autour d'eux et compare la France aux autres pays et la condition de la population.
Par exemple Voltaire qui s'exile en Angleterre (vers 1720) va être étonné de la déclaration des droits de 1689 qui protégent les anglais du pouvoir du roi du même que la justice ou seul un juge peut décider qui enfermer qui (et avec des preuves) alors qu'en France se sont les lettres de cachets qui régent enferma souvent des hommes innoncent (par contre il existait des lois anti catholiques comme en France avec la révocation de l'édit de nantes). Ce voyage va donc lui permettre de réfléchir à une nouvelle conception de la sociète française.

Diderot oui c'est un géant (je dois aussi faire un topic dessus, mais avec les cours et mes 8heures de philo coef 7), j'en parle légérement mais ce topic devait être une sorte d'introduction sur les Lumières avant de détailler en particulier dans d'autres topics.
Par contre je ne savais rien de Gérard Trophime merci pour les informations.

Cordialement
David

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Re: Le 18ième, le mouvement des Lumières

Message par vinz le Dim 15 Jan - 21:49

Les Lumières ainsi que les parlementaires mettent en avant l'absolutisme du monarque mais c'est un peu trompeur. Certes le roi peut utiliser la lettre de cachet mais le Parlement peut s'y opposer...

Je parlerai davantage d'absolutisme pour les parlements que pour le roi. Le roi ne peut pas tout faire , il suffit de voir l'affaire du vingtième. Il faudrait mettre en avant qu'un arret royal avant d'etre effectif doit etre approuvé par le parlement de Paris( la hiérarchie des parlements met celui de Paris en premier) puis des parlements provinciaux. le parlement de Bordeaux s'opposera en 1776 aux édits de Turgot réformant la corvée et le vingtième.
Le roi peut obliger le Parlement a accepter l'edit ou arret en faisant un lit de justice c'est a dire en passant outre l'avis du Parlement mais celui-ci peut dès lors se mettre en greve et stopper toute les affaires judiciaires.. Le roi peut exiler les parlementaires, ces derniers en sorte souvent vainqueur. Toutes les réformes de justice ou des impôts échouent en raison des parlements. Ces derniers mettent en avant qu'ils sont le lien entre le roi et le peuple, qu'ils sont les cours souveraines et l'obstacle contre l'absolutisme. Mais étrangement, un nombre important de parlementaire vont émigrer dès 1789...
On imagine aussi Louis XIV inventant l'absolutisme alors qu'il etait déjà en place sous Charles IX et surtout Henri III...Louis XIV tenta de réformer la justice mais cela montra ses limites. Louis XV avec son ministre Maupeaou fermèrent les parlements, cela fut un échec et Louis XVI les remit en place. Il ne faut attendre que 1789 pour voir un changement complet dans la procédure judiciaire. Ils vont abolir la justice seigneuriale.
La société d'ordre et de privilège laisse beaucoup de pouvoir aux seigneurs locaux: basse et moyenne justice(droit civil) et haute justice(droit criminel). Les hommes accusés passaient rarement devant les cours de justice(parlement) mais plutôt devant la justice seigneuriale.

Pour en revenir à Louis XIV, on ne peut parler de Lumières car les enjeux ne sont pas les mêmes. On parle plutôt de la querelle des Anciens et des Modernes. D'un coté La Fontaine, La Bruyère, Fénélon croient que l'art a eu son apogée sous les greco-romain et qu'on ne peut faire mieux. De l'autre coté, les Perrault( qui ont l'écoute de Colbert et donc du roi) croient que la nation française peut créer un nouvel age d'or. Évidement ce sont plutôt les Modernes qui vont gagner avec ce qu'on appelle le Grand Siècle français...

vinz

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