Mémoires françaises

La bataille de Fontenoy

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La bataille de Fontenoy

Message par vinz le Ven 20 Juil - 18:38

La guerre en dentelle n’existe pas. La guerre de la Succession d’Autriche de 1740 à 1748 connu les hivers difficiles, les sièges compliqués et les champs de bataille coûteux en homme et en énergie. La mort, s’en héritier mâle de l’empereur d’Autriche, engendra une guerre européenne malgré un testament en faveur de sa fille. L’archiduchesse d’Autriche ,qui ne pouvait devenir empereur, voulait que son mari François prenne le titre. Frédéric II, le nouveau roi de Prusse, y voit un bon moment pour envahir la Silésie : cela déclenche un enchaînement de déclarations hostiles. Le roi de France soutenant a demi-mot le testament de l’empereur décédé(Pragmatique sanction) apporte finalement son soutient à l’Electeur de Bavière pour le titre d’empereur et s’allie à la Prusse. L’Angleterre, passive jusque là, entre en guerre au coté de l’Autriche car le roi, George II ne voulait pas une prédominance française sur le continent. L’Espagne ,allié de la France, entre a son tour dans la guerre puis les Provinces Unies opposant traditionnel à l’hégémonie française. La guerre commence par des victoires prussiennes et la France soutenant la Prusse, reste pourtant réservée sur le conflit. Mais en 1744, la France déclare officiellement la guerre à l’Angleterre et l’Autriche.
Ce conflit voit le couronnement d’un roi et de son maréchal par une victoire devenu célèbre : Fontenoy, le 11 mai 1745.

Après l’épisode de Metz ,Louis XV a décidé de mieux préparer la guerre et de donner les commandements au maréchal de Saxe. A cinquante ans, le maréchal Maurice de Saxe, fils d’un ancien roi de Pologne est un fin stratège. Le Duc de Richelieu et le Maréchal de Noailles sont au second plan. Le secrétaire d’état à la guerre ,le comte d’Argenson, a réorganisé l’armé de 1743 à 1744 en renforçant les troupes et l’administration. Mais c’est le roi le seul maître de la tactique militaire et ainsi Voltaire peu présenter la campagne de 1745 : « Le parti que prit Louis XV fut de faire une guerre défensive en Allemagne et de la faire offensive en Flandre et en Italie. Par là, il remplissait tous ses objet. Son armée vers le Main occupait les Autrichiens et les empêchait de tomber sur son allié le roi de Prusse avec des forces trop supérieures. Il avait déjà fait partir le maréchal de Maillebois de l’Allemagne pour l’Italie et le prince de Conti fut chargé de cette guerre vers le Main qui devenait d’une espèce toute contraire à celle qu’il avait faite dans les Alpes. »
Le roi se chargea d’aller lui-même en Flandre achever les conquêtes qu’il avait interrompues l’année précédentes. » Histoire de la guerre de 1741.
Mais le comte de Saxe a cinquante ans est malade et on note « Il faut autant de courage dans l’esprit de Monsieur le maréchal en a pour oser se flatter de pouvoir finir cette campagne. »
La réussite de la campagne d’Allemagne par le prince de Conti permet au Maréchal une stratégie visant a prendre un lieu stratégique, Tournai. Tournai ouvre la voie vers les Pays-Bas. Le 26 avril 1745, le maréchal est devant Tournai et le roi part le 6 mai pour les champs de batailles du maréchal. En face d’eux se trouve les troupes anglo-autrichiennes et hollado-hanovriennes commandé par le duc de Cumberland, troisième fils du roi d’Angleterre qui est commandant en chef de toute les troupes anglaises et alliées. Il est inexpérimenté ,coléreux et impulsif : « J’irai à Paris où je mangerais mes bottes… »
Sa faiblesse est le mépris qu’il a pour les officiers et les généraux qu’il commande. Les anglais auraient préféré être commandé par John Ligonier, ancien de la guerre de succession d’Espagne . Du coté autrichiens les troupes sont commandés par le comte Konisgegg qui avait la réputation d’être très lent à prendre des décisions.
Le maréchal de Saxe a préparé le lieu et la tactique à adopter : « Maurice de Saxe n’a voulu qu’une attaque, parce que son parti est pris de marcher a l’ennemi s’il avance, il assure qu’il marchera fort loin en avant et sa raison est que s’il gagne la bataille il aura tout le temps de revenir et s’il la perd on aura le temps de tout retirer avant que l’ennemi arrive. »
Le maréchal sait donc que les troupes anglaises sont lentes à manœuvrer et éparpillées. Il prend les devants et prépare sa position vers les anglais au village de Fontenoy : sa tactique est défensive plus qu’offensive.
Le 8 mai les troupes de Cumberland sont à l’approche du village. Maurice de Saxe a mis en place des tranchés et une lourde artillerie. Les anglais ne peuvent choisir d’autre route et sont obligés de se battre sur le champ de bataille choisi par le maréchal. Le roi de France est arrivé le 8 mai et est rejoint par le Dauphin et toute sa Maison . Le maréchal a des ennemis dans les officiers comme Richelieu ou Harcourt mais aussi des amis sur lesquels il peut compter comme Woldemar de Lowendal et le baron d’Espagnac. Le roi confirme son autorité : « Messieurs, j’entends que Monsieur le maréchal soit obéi par tout le monde. Ici, c’est lui qui commande, et je suis le premier à donner l’exemple de l’obéissance. »
Le maréchal a laissé une description du lieu de la bataille : « Du bois de Barri à l’Escaut, il y a une plaine presque ovale […] » Le roi approuve la disposition du maréchal : les villages de Fontenoy et Crillon sont fortifiés et vidés de ses habitants. Les troupes sont en ligne devant l’Escaut entre le bois de Bari et le village de Ramecroix :
-le village d’Antoin avec la brigade de Crillon sous le commandement du comte de Lorge et du comte de La Marck. Les suisses de Bettens et de Diesbach sont commandés par Crillon et Noailles.
-le village de Fontenoy où l’artillerie est commandé par Du Brocard. Le village est tenu par la brigade du Dauphin Infanterie commandé par le comte de la Vauguyon et le marquis de Meuse-Choiseul.
-entre les villages, la cavalerie lourde :les dragons du Mestre de Camp,de Royal et de Beauffremont et les régiments de Roi Infanterie commandé par le duc de Biron et le régiment d’Aubeterre commandé par le vicomte d’Aubeterre.
-la première ligne est formée par le régiment des gardes française commandé par le duc de Gramont, le régiment d’Eu-Infanterie commandé par le marquis de Chambonna et les « Grassins », arquebusier à couvert dans les bois.
-la seconde ligne, dissimulée, est en réserve avec le Royal-Vaisseaux commandé par Guerchy, la brigade irlandaise de Lally et de Lord Clare et enfin le régiment de Normandie commandé par Périguord et Salency, la cavalerie d’Egmont et d’Orléans et les hussards de Beausobre.
-la ligne arrière est composée de l’infanterie du duc d’Harcourt, du comte d’Estrées et du duc de Penthièvre, la brigade du Colonel-Général, de Brancas, de Clermont-Prince, Fotz-James et le Royal Cravates puis le régiment du prince Camille et le Royal Roussillon ; en seconde ligne sous le commandement de Clermont-Gaillarde, de Du Chayla et du marquis d’Apcher se trouvent le Royal Etranger, Chabrillant, Brienne, Penthièvre, Pons et Berry avec le régiment d’infanterie de la Couronne, le régiment Royal, le régiment de Hainaut, Tourraine Infanterie et Auvergne Infanterie.
Maurice de Saxe alterne donc infanterie et cavalerie : ainsi il place enfin la Maison du Roi avec les quatre escadrons de la gendarmerie du Prince de Soubise, les carabiniers, les Chevau-légers et les Mousquetaires. Sur une butte se trouve l’état major avec Richelieu, Noailles, le Dauphin et le roi. L’armée est donc de 40000 hommes et une soixantaine de pièces d’artillerie.
La ligne anglaise est plus mince mais rien n’indique quelle soit plus mauvaise que la ligne française.
La nuit du 9 au 10 mai montre que le maréchal « est épuisé par sa maladie, n’ayant de libre que la tête, [il ]semblait hors d’état d’agir ». Les troupes se place et la nuit du 10 au 11 est silencieuse.
La matinée du 11 mai est ouverte par une bataille d’artillerie. Les attaques anglaises et hollandaises butent sur les postes et les redoutes faits par les français. Les Hollandais se replient : « nuls ne pûmes rien faire dans la plaine ». Cumberland fait attaquer le bois de Barri mais c’est un échec qui aurait put changer le sort de la bataille . La tactique défensive de Saxe est un succès et Cumberland lance ses lignes vers les Français entre le bois et Fontenoy. Les lignes d'infanteries manoeuvres lentements et la topographie du terrain n’aide pas aux manœuvres. Les gardes anglaises et le Royal-Ecossais de Lord Hay et du comte d’Albermale sont en tête. Il y a un contacte et des tirs avec les Gardes françaises du duc de Biron et de Chabannes. Ici, se situe le célèbre dialogue échangé: « Messieurs les Anglais tirez les premiers ! » par d'Anterroche.
Les tirs du Dauphin-Infanterie depuis Fontenoy se heutent à une réplique terrible des lignes anglaiss. Il y a tant de mort dans un temps si bref : la première ligne n’existe plus, 98 morts et 316 blessés dans les Gardes francaises. La cavalerie d’Harcourt , d’Estrées et de Crillon se sont portés à leur secours pour couper la route aux Hollandais. La colonne anglaise avance et les Gardes Françaises, les Gardes Suisses et le régiment de Courten reculent. La première ligne cède et ils perdent 200 hommes. Du Lutteaux, lieutenant-général, est tué lors de la retraite. La ligne anglo-hanovriennes se transforme en colonne et rien ne semble l’arrêter. Une charge de cavalerie du Royal-Cravate est repoussé. Le cheval du Duc de Biron est tué mais le duc rassemble les troupes et reprend la protection de Fontenoy. Les Gardes Françaises et Suisses sont dispersées. Le Royal-Vaisseaux ne reculent pas devant l’avancée anglaise. Les hommes tombent et Maurice de Saxe s'il n'a pas perdu la bataille!
Ligonier croit à la victoire : « Notre infanterie enfonça tout ce qui se trouva devant elle.. »
Mais en vérité, Maurice a confiance en sa défense : « …des redoutes ont constamment tenu… » et il croit que la colonne anglaise n’est plus maître de ses mouvements. Elle a été ralentis par les attaques successives et le maréchal voit que la colonne est entamée par les tirs. Il lance la seconde ligne de cavalerie de Noailles et les autres unités de cavalerie dans le désordres. Longonnai est tué et Puységur a le pied écrasé par un cheval. Les anglais ne peuvent recevoir d’aide par les flancs et la masse de la colonne diminue. On décide de « sauver le roi et le dauphin » menacé mais en réalité le maréchal tient la situation. Le roi reste impassible et le maréchal lance la contre attaque soutenue par la Maison du roi en dernière ligne. Le duc de Richelieu à la tête des gardes du corps est « un vrai Bayard, c’est lui qui a donné le conseil et qui l’a exécuté, marcher contre l’infanterie anglaise et les chasseurs, et les fourrageurs, pêle-mêle, la main baissée, le bras raccourcis, maîtres ,valets, officiers, cavaliers, tous ensemble . » Le dauphin porte la main à l’épée et veut se jeter dans la mêlée. On ordonne aux canons de tirer dans la colonne. Le maréchal ordonne la charge dans la colonne.
Le régiment de Normandie commandé par Salency est le premier à pénétrer dans la colonne suivis de la brigade irlandaise de Dillon, tué à sa tête. Le comte de Clare est blessé. Les ennemis sont défaits et sont mis en débâcle.
Le roi vient saluer les drapeaux capturés : « Messieurs de Normandie, c’est à vous à qui je suis redevable de la victoire que je remporte sur mes ennemis.
C’est une victoire meurtrière et devant l’excitation de la victoire du Dauphin, le roi lui fait la remarque : « Voyez le sang que coûte un triomphe. Le sang de nos ennemis est le toujours le sang des hommes. La vraie gloire , c’est de l’épargner. »
On dénombre exactement 53 officiers, et 1662 bas-officiers ou soldats tués du côté Français, et 336 officiers et 3110 bas-officiers ou soldats blessés du côté Anglais, au total 5121 hommes hors de combat dans l’infanterie selon l’historien Bois. Les Anglais ont payé leur insuccès mais les morts devenu célèbre sont dans les deux camps : le duc de Gramont, colonel des Gardes françaises, Du Brocard commandant d’artillerie, lord Dillon, à la tête de son régimen,t le marquis de Beauvau commandant du régiment de Hainaut, Marclesi du Courten suisse, le chevalier de Suzy, aide major des Gardes du corps . Les autres sont morts de leurs blessuress : le chevalier de Saumery, le marquis de Lutteaux, le prince de Craon et du coté anglais Ponsonby, Wade, Campbell, Lord Berry, Montagu ,Alway et tant d’autres…
Le roi écrit à la Reine : « Du champ de bataille, ce 11 mai à deux heures et demie. Les ennemis nous ont attaqués ce matin a cinq heures . Ils ont été bien battus. Je me porte bien, et mon fils aussi. Je n’ai pas le temps de vous en dire d’avantage ,etant bon, je crois, de rassurer Versailles et Paris. Le plus tôt que je pourrai, je vous enverrai le détail.»

Le roi récompense le Duc de Richelieu : « Je n’oublierai jamais le service que vous venez de me rendre » et le maréchal de Saxe qui lui répond : « Sire, j’ai assez vécu, je ne souhaitais de vivre aujourd’hui que pour voir Votre Majesté victorieuse. »
A la nouvelle de la victoire, des Te Deum sont donnés dans tous le royaume.
Mais cette victoire ne montre pas un roi de guerre avide de conquêtes mais un roi de paix . L’armistice du 11 mai puis la paix d’Aix la Chapelle en 1748 montre Louis XV en arbitre de l’Europe : il rend ses conquètes et met en place la politique du juste milieu essayant de mettre en place des compromis entre chaque participant. Mais cette victoire transformé en une paix mal comprise n’auréolera pas le roi et un dicton viendra : « bête comme la paix. »

Mais il ne faut pas oublier les vers de Voltaire :
« Quand votre-roi dans la plaines de sang
Voit la mort devant lui voler de rang en rang,[…]
Venez le contempler aux champs de Fontenoy.
O vous, Gloire, vertu, déesses de mon Roi,
Redoutable Bellone et Minerve chérie,
Passion des grands cœurs, amour de la patrie,
Pour couronner Louis, prêtez moi vos lauriers ! »

vinz

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