Mémoires françaises

La Grosse Bertha à Coucy (02)??????

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La Grosse Bertha à Coucy (02)??????

Message par Maczek le Dim 1 Jan - 20:14

Pendant la Première guerre mondiale, Paris était bombardé par le canon que l’on nomma La Grosse Bertha. On a pensait à tort que ce canon se situé dans le bois de Montoir entre Folembray (02) et Coucy le Château (02). Ce canon orienté vers le Sud n’était qu’en faite « seulement » un canon de calibre 380 avec un tube de 17 mètres de long et qui pouvait tirer jusqu’à 40kilomètres. Cette pièce d’artillerie avait été installée par les allemands en 1915 pour pouvoir tirer principalement sur des lieux stratégiques comme des lieux de ravitaillement. Une ligne de chemin de fer permettait l’acheminement des matériaux et des munitions de l’arriéré à l’emplacement de l’obusier.
En 1917, la contre attaque française est lancée. Les allemandes doivent se replier, fièrement les français et leurs alliés entre dans Coucy dévasté mais là, surprise plus de canon.
Le canon a disparu comme disparaitra la chambre d’ambre en 1944.
L’emplacement sera classé Monument historique en 1922, cela permettra de le sauver des « ferrailleurs d’Hitler » sous l’occupation.

Carte postale des années 20


Photo année 2009


Dernière édition par Maczek le Mar 17 Jan - 12:57, édité 1 fois

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Message par regis02 le Mar 17 Jan - 12:16

Il faut avant tout préciser que Français et Allemands désignent sous le nom de Grosse Bertha deux canons entièrement différents. Pour les Allemands, la pièce d’artillerie baptisée Dicke Bertha par référence à madame ou mademoiselle Krupp (les sources divergent), était un obusier de très gros calibre (420 mm) et de faible portée (14 km) conçu pour l’attaque des forts. Les pièces de ce modèle ont été utilisées avec succès, en 1914, à Liège et à Maubeuge. Compte tenu de leur portée, elles n’ont pu tirer sur Paris qui ne s’est jamais trouvé à moins de 20 km de l’extrême avancée allemande en 1914 et à moins de 90 km en juillet 1918. D’autres pièces du même genre (très gros calibre, très courte portée) ont également reçu le surnom de Bertha ou Dicke Bertha de la part des Allemands et, par confusion, les habitants proches des emplacements de batterie ont conclu après la guerre qu’il s’agissait des fameux canons tirant sur Paris.

3 François (Guy), « Les canons de marine allemands de 38 cm SKL/45 Max », Bulletin de l’Association(...)
3Avec plus de raison, mais quand même à tort, le nom de Grosse Bertha a été donné à des pièces de marine de fort calibre (355 ou 380 mm), à longue portée (45 à 62 km) établies sur des embases bétonnées fixes (circulaires ou semi- circulaires), parfois équipées d’une plate-forme métallique. C’était le cas, en particulier, de Ziellisheim (Haut-Rhin), de Semide (Ardennes), de Coucy-le-Château et du bois du Châtelet (entre Château-Thierry et Fère-en-Tardenois, Aisne) et coïncidence, de Crépy-en-Laonnois (aussi dans l’Aisne) où furent installées les deux premières et véritables Grosses Berthas, dans le sens que les Français ont donné à cette appellation 3. Les idées reçues ont la vie dure et des habitants des communes concernées entretiennent l’erreur : c’est historique ! Quant à elle, la municipalité de Coucy-le-Château a supprimé, en 2002, les beaux panneaux émaillés qui, en bordure de la D 934, identifiaient un soi-disant emplacement du terrible engin.

4 Ferngeschütz que l’on trouve dans différentes sources, désignait toutes les pièces à longue portée(...)
4L’appellation a de nouveau été appliquée inconsidérément durant la Deuxième Guerre mondiale à des pièces à longue portée, de calibre 280 à 400 mm, initialement construites pour la Kriegsmarine et finalement installées à terre en batterie fixe ou sur voie ferrée. Ces différentes pièces, courtes ou longues, ne sont pas la Grosse Bertha, la vraie, celle des Parisiens, cibles de ses projectiles en 1918. Toutes ont cependant deux points communs : elles ont été conçues par le même ingénieur Rausenberger et construites par le puissant sidérurgiste Krupp. Les Allemands ont appelé officiellement cette pièce géante « Parisener Kanone » ou « Parisgeschütz » puisqu’elle a été voulue et réalisée dans le but unique de bombarder Paris, le commandement allemand espérant y créer une panique dans la population qui aurait poussé le gouvernement à capituler. Le tube de cette pièce, d’une longueur jamais vue, reçut le nom de « Wilhemsrohr », en hommage au Kaiser. Pour sa part, le personnel des usines Krupp baptisa l’engin « Lange Frederic », en référence à Frederic Krupp. L’appellation « Lange Max » se rencontre également. Enfin, l’homme de la rue d’outre-Rhin le surnomma « die Pariserin » (La Parisienne) ou « canon de 30 lieues»
Comme déjà dit, ce matériel a été construit par Krupp à Essen, pour les premiers exemplaires, puis par Skoda à Pilsen (Plzen en tchèque) alors dans l’Empire austro-hongrois 6.

6 SHD/DAT, 7 N 1590, rapport de l’attaché militaire en Suisse.
7Il présentait des caractéristiques hors du commun :

7 Celui de la pièce de marine SKL/45 Max précitée.
■longueur du tube : 34 m, constitué de deux parties d’égale longueur vissées l’une à l’autre : un tube rayé classique 7, d’un calibre initial de 380 mm chemisé à 210 mm et prolongé par un tube lisse du même calibre de 210 mm, haubané pour éviter le fléchissement ;

■chambre de tir : 5 m de long ;

■diamètre extérieur au tonnerre : l m environ, l’épaisseur annulaire du tube atteignant à cet endroit 40 cm à peu près ;

■poids total : 750 t dont 175 pour le tube ;

■poids maximum du projectile : 125 kg ;

■poids de la charge explosive : 8 à 10 kg ;

■poids de la charge propulsive : 150 à 200 kg (selon la distance de Paris) ;

■vitesse initiale du projectile : 1 500 à 1 600 m/s ;

■mise à feu électrique.

8Compte tenu de l’arrachement de métal provoqué par les obus, ceux-ci présentaient des dimensions allant en croissant :

■calibre de 210 à 235 ou 240 mm (l’obus proprement dit était le même mais l’épaisseur des ceintures augmentait pour « rattraper » l’usure du tube) ;

■longueur de 90 cm environ.

9Les obus étaient numérotés de 1 à 65 ; au bout de 65 coups, le tube devait être remplacé. Sept tubes ont été construits. Des auteurs donnent des renseignements différents qui ne sont justifiés par aucun témoignage : longueur du tube : 30 ou 40 m ; poids de l’obus : plus de 400 kg ; vitesse initiale 2 000 m/s.

10Le Parisener Kanone n’était pas une pièce sur voie ferrée mais elle ne pouvait être transportée que par ce moyen. Le tube reposait classiquement par des tourillons sur une poutre, dite « balancier », portée par deux boggies de cinq essieux à l’avant, deux boggies de quatre essieux à l’arrière, soit 18 essieux. L’affût-truck et les wagons transportant le matériel annexe (de manutention en particulier) et le personnel constituaient un train complet (plusieurs photos parues dans des journaux présentent à tort des pièces à longue portée sur voie ferrée classiques comme des Grosses Berthas).

11Caractéristiques du tir :

■angle de tir : 50 à 52 ;

8 Ce qui aurait constitué alors le record pour un projectile tiré depuis la terre. Il faudra attendr(...)
■flèche de la trajectoire : 40 km environ 8 ;

■durée du trajet : de 3 à 3,5 mn ;

9 Estimation. Il semble qu’aucun tir n’ait dépassé 126 km (aux essais, en Allemagne).
■portée maximum : 130 km 9 ;

■cadence maximum : 1 coup toutes les 15 mn environ
Historiens, journalistes et romanciers (car il faut bien nommer ainsi des auteurs à l’imagination prolifique !) se sont attachés aux caractéristiques des engins et à l’analyse des tirs. Aucun ne s’est penché sur le mont de Joie, premier site du Parisener Kanone et le seul dont l’utilisation soit connue avec quelque précision. Coincé entre la N 44 (de Cambrai à Châlons-en-Champagne) et la voie ferrée de Calais à Dijon, toutes deux dans leur section La Fère – Laon, le mont de Joie domine la plaine du Laonnois à l’instar d’autres buttes-témoins de la région ; son point central se trouve à 2,5 km au nord-ouest et sur le terroir de Crépy-en-Laonnois, 1 km au nord-est de Fourdrain et 3 km au sud-est de Couvron.

17Il se présente sous la forme d’un os orienté nord-est, sud-ouest, aux dimensions suivantes :

■base : 2 km de long, 1,350 km dans sa plus grande largeur ;

■plateau sommital, lequel est à peu près plat : 1,250 km de long, 200 m dans sa plus petite largeur (au centre) et 300 m dans la plus grande (extrémité nord) ;

■altitude maximum : 175 m, soit 100 m au-dessus de la voie ferrée ;

■celle-ci se trouve, en distance horizontale, à 525 m de la base et à 875 m du plateau ;

■du côté de la voie ferrée, la pente entre la base et le sommet est supérieure à 20 % en moyenne, avec des sections à 100 % (45°).

11 Ce dépôt a été créé en 1935. Il comporte non seulement des ouvrages de surface mais des entrepôts(...)
18Le mont de Joie est entièrement boisé et entouré de bois, mais c’est du côté de la voie ferrée que cette couronne forestière est la plus étroite, 125 m quand même, le reste de l’espace étant constitué de broussailles. Il est aujourd’hui occupé pour l’essentiel, et en particulier le plateau, par un dépôt de munitions de l’armée de l’Air 11 forcément très protégé (clôture électrique, couloir à chiens en liberté…) dont la zone périphérique de sécurité se prolonge à l’est jusqu’à la D 26 de Crépy à Couvron. Dans sa partie nord, il est partagé entre deux propriétés privées, également inaccessibles. Noter, accessoirement, que le mont de Joie est côtoyé par le bois des Apôtres et le mont Plaisir. Les caractéristiques physiques du mont de Joie, en particulier son altitude par rapport à la voie ferrée et l’importance de la déclivité, excluent l’installation d’une pièce sur le plateau. Croire que l’on a pu faire escalader par une voie ferrée les pentes du mont de Joie, même les moins accentuées, est une aberration. Penser seulement que les Allemands ont pris le risque et usé leur énergie à hisser une pièce sur le plateau est déraisonnable. La « simple » mise en batterie, en rase campagne, d’une pièce dont le tube pesait de l’ordre de 175 t et l’affût 575 t, a nécessité des manœuvres de forces prodigieuses. La même opération réalisée sur le plateau se serait apparentée au miracle. Et dans quel but ? Un gain d’altitude d’une centaine de mètres est insignifiant par rapport à la flèche de la trajectoire, de l’ordre de 40 km. De plus, la position des installations sur ce promontoire qui jaillit des contreforts nord du massif de Saint-Gobain aurait facilité le repérage aérien. Au contraire, le mont de Joie constituait un masque partiel pour les pièces tapies au pied nord.

12 No 3 926 du ler juin 1918, soi-disant sur la foi de photos aériennes.
13 No 3 931 du 6 juillet 1918.
19Ces considérations n’empêchent pas L’Illustration 12 de présenter une batterie de trois pièces dont une est établie sur le mont de Joie, les autres en contrebas, chacune desservie par un épi particulier ! Le même journal se rachète un mois plus tard 13 en présentant, plus sérieusement, une photo aérienne montrant deux emplacements de batterie : aucun n’est établi sur le plateau mais aux angles nord et sud d’un champ en forme de losange situé à l’est du mont de Joie, dont ils effleurent tout juste la base, et desservis par un épi unique. Reste le témoignage d’Eisgruber (op.cit.) qui dit de la position : « Elle a été choisie au bord d’un ravin près du village de Couvron. » Ravin suppose évidemment une position dominante et il n’y a de ravin dans le secteur que celui qui cerne le mont de Joie. Mais le narrateur ajoute : « Sur l’un des versants se trouve l’emplacement de pièce (…). Sur l’autre penchant du ravin, cachés par les arbres, sont les baraquements. » En fait – il y a peut-être là une impropriété due à la traduction – il faut entendre par « ravin » l’un des très modestes thalwegs qui échancrent la base du mont.

20Il en ressort qu’il ne faut pas prendre l’identité de la butte au pied de la lettre, mais y voir seulement le point le plus remarquable d’un secteur plus vaste. Pourtant, toutes les parcelles qui l’entourent portent un nom ; ainsi le champ en losange précité est identifié : l’Anchette, comme aussi les bois qui le séparent de la voie ferrée : le bois de Boule, le champ du Roi, le bois des Pontoises, le bois de l’Épine. Le champ de l’Anchette est, lui, parfaitement accessible.

14 Aulard (A.), Histoire politique de la Grande Guerre, Paris, éditions Quillet, 1924.
15 Poirier (Jules), Les bombardements de Paris – Avions, Gothas, Zeppelins, Berthas 1914-1918, Paris,(...)
16 Témoignage de Suzanne Beck, de Crécy-sur-Serre, qui tenait un journal au cours de cette période. D(...)
21Une troisième pièce a-t-elle été établie sur plate-forme métallique à cheval sur la voie principale ou sur un épi ? C’est probable, bien qu’aucune photo aérienne ni aucun témoignage ne le prouve. Aulard 14 (qui se trompe de 500 m sur la position d’une des deux premières) situe ce troisième canon dans le bois de l’Épine, relié par un épi directement à la gare de Crépy-Couvron. Cette version présente un double inconvénient : l’épi traverse un espace agricole complètement découvert et traverse aussi la D 26. Cette situation pouvait difficilement échapper aux observations aériennes, humaines ou photographiques. Pourtant, un prisonnier polonais de l’armée allemande (4 juillet) mentionne, lui aussi, « qu’un épi traversant la route de Crépy, prenant à 100 m avant la gare de Crépy [en venant de Laon], conduit à des installations dans un bois à 3 ou 400 m de là. Il y a passé plusieurs nuits dans de vastes galeries souterraines pouvant abriter tout un régiment ». Le bois de l’Épine recèle effectivement des abris, qui figurent encore sur les cartes. Mais ce témoin ne dit pas avoir vu un canon dans ce bois. Ce témoignage est apparemment en contradiction avec la photo aérienne qui montre que l’épi ferroviaire desservant les deux pièces traverse un chemin, tangent au champ de l’Anchette, mais pas la D 26, plus à l’est. À moins qu’un autre épi, celui dont parlerait alors le Polonais, ait été construit antérieurement pour desservir le canon Max de 380 mm dont la plate-forme subsiste et qui n’était plus utilisé en 1918 car sans doute repéré. L’installation d’une pièce sur la voie principale, comme l’envisage Poirier 15 est plausible. En effet, en septembre et octobre 1916, les Allemands ont porté à écartement normal et considérablement renforcé la voie ferrée secondaire, jusque-là métrique, qui reliait Dercy à Versigny (respectivement 16 km nord et 16 km nord-ouest de Laon) permettant ainsi aux nombreux trains militaires d’éviter la gare de Laon, qui ne se trouvait alors qu’à 18 km des lignes françaises 16.

22La voie principale devenait ainsi disponible et, entre Crépy-Couvron et Versigny, elle traverse plusieurs zones boisées importantes, ce qui rendait inutile le camouflage de l’installation par des arbres plantés dans des caisses, la pièce et les dits arbres étant retirés au passage d’un convoi, toujours selon Poirier. Quel travail ! Et au passage de quels convois puisque la ligne n’était plus utilisée ? Et où remisait-on la pièce pendant ce temps ? Tout ceci est utopique.

Les autres sites de tir 17
23Eisgruber cite, une fois et une seule, une batterie de trois pièces, sans en préciser le lieu. Dans le reste de son récit, l’auteur s’en tient à une seule pièce qui aurait été déplacée à deux reprises. Une première fois après le 27 mai 18 via Soissons et Fère-en-Tardenois, jusqu’à Bruyères-sur-Fère (5 km ouest de Fère-en-Tardenois, tous ces points dans l’Aisne). Là, elle aurait été mise en batterie dans un bois (qui existe effectivement en bordure de la voie ferrée), sur une plate-forme métallique venant de Crépy ou d’Allemagne, formule incomparablement plus rapide que les emplacements bétonnés du mont de Joie. Bruyères se trouve à 92 km de Paris (et non à 80 km comme le dit l’auteur). Le raccourcissement de la portée était économiquement très intéressant : obus plus léger, charge propulsive moindre, usure du tube plus limitée permettant d’envisager le tir de 100 projectiles avec le même tube. Mais la contre-offensive alliée du 18 juillet 1918, débouchant de la forêt de Villers-Cotterêts, mit un terme prématuré à l’opération ; malheureusement, l’auteur ne nous dit pas combien d’obus ont été tirés de cette position ni même si elle a été effectivement utilisée (14 coups les 15 et 16 juillet, 14 coups les 16 et 17 juillet selon d’autres auteurs, sans preuve).

17 Noter qu’Eisgruber (op.cit.) fait état de deux ébauches de sites qu’il a fallu abandonner en cours(...)
18 Début de l’offensive allemande du Chemin des Dames mais rien ne prouve que ce déplacement a été im(...)
19 Nous sommes loin des quelques heures de la Revue d’Artillerie, no 98 de 1926.
20 Témoignage du maire et d’habitants de la commune (2004).
21 SHD/DAT, 18 N 461-462.
24Toujours selon Eisgruber, cette même pièce aurait été soustraite à la progression des troupes alliées dans des conditions précipitées. Quatorze jours avaient été nécessaires à son installation 19, 24 heures ont suffi pour son démontage et son chargement sur train. Encadré pendant deux heures par les tirs de l’artillerie française, qui ont finalement coupé la voie près de Venizel (6 km est de Soissons) juste après son passage, ce train gagna Beaumont-en-Beine (18 km ouest-nord-ouest de La Fère, 20 km sud-ouest de Saint-Quentin, tous ces points dans l’Aisne). Là un site était en préparation depuis plusieurs semaines, à 108 km de Paris et une quarantaine du front (15 juillet). L’emplacement est connu : bois de Corbie (un petit kilomètre à l’est de l’église) 20. Les travaux ont été repérés par l’aviation française dès le début, le 5 juin, et confirmés les 6, 9 et 12 juin 21. Mais il n’y avait pas qu’un site : les Allemands avaient ébauché plusieurs épis factices près de Beaumont-en-Beine, dont un menant à une aire de tir achevée qui n’a pas été utilisée ; elle avait été repérée comme celle en activité.

25Eisgruber affirme aussi : « C’est de là que partit le dernier obus tiré sur Paris, le 9 août 1918 à 2 heures de l’après-midi. »Un « romancier » fait pratiquement du Parisener Kanone une pièce mobile. Il rapporte le déplacement des pièces de Crépy, à partir du 1er mai, d’abord sur Beaumont-en-Beine (mais à cette date, Beaumont n’était qu’à une dizaine de kilomètres des lignes françaises, l’offensive allemande n’ayant repris que le 27 mai). De là, elles auraient tiré 104 obus du 27 mai au 11 juin. Ensuite, les canons auraient été transférés à Bruyères-sur-Fère (que l’auteur qualifie de « Bois de Bruyères à Fère-en-Tardenois »et qu’il situe à 8 km de Château-Thierry au lieu de 16 !). Enfin, ils auraient été réexpédiés sur Beaumont-en-Beine pour y tirer encore 64 obus du 5 au 9 août. D’autres déplacent la pièce de Crépy-en-Laonnois directement sur Beaumont-en-Beine, lui épargnant le voyage de Bruyères-sur-Fère. Noter que Kinzel (op.cit.) ne parle que « des environs de Laon », où trois pièces auraient été mises en œuvre en deux temps : « deux dès mars 1918, la troisième un peu plus tard », sans autre précision. « Aux environs de Laon », vu de Berlin, peut s’appliquer aussi bien à Bruyères-sur-Fère (44 km) et à Beaumont-en-Beine (38 km) qu’à Crépy-en-Laonnois (8 km).

22 Échantillonnage de renseignements diffusés par le 2e bureau du GQG (les dates sont celles des bull(...)
26Bien entendu, la localisation de nouveaux sites en préparation ou déjà en activité était une préoccupation majeure, parmi d’autres, des groupes d’armées du Nord et de réserve ; ils n’étaient pas les objectifs des Parisener Kanonen mais ceux-ci se trouvaient dans leurs zones de responsabilité. C’était le rôle des sections « artillerie » des 3e bureaux, d’exploiter les renseignements « bruts de coffrage » que leur assenait le 2e bureau du GQG : il a fallu éplucher ces informations imprécises et contradictoires 22 et tenter d’y voir clair. La réussite s’est avérée modérée. Sans doute ces témoins étaient de bonne foi, confondant Parisener Kanone et toute autre pièce à longue portée. Cependant, il ne faut pas écarter une campagne d’intoxication menée par le commandement allemand, y compris à l’intention de ses propres troupes : il avait intérêt à multiplier le nombre de pièces tirant sur Paris, des Pariserin partout pour se grandir et leur remonter le moral, et bien entendu pour noyer l’adversaire.

Déroulement des tirs
27Trois campagnes de tir peuvent être déterminées : du 23 mars au 3 mai ; du 27 mai au 11 juin ; du 15 juillet jusqu’à une date qui reste incertaine (vers le 15 août) (contradiction entre Eisgruber, Poirier et témoignages des habitants de la vallée de la Serre). De son côté, le cabinet du ministre de la Guerre écrivait le 6 août que « depuis hier, le canon tirant sur Paris a repris ses tirs », ce qui indique qu’une nouvelle interruption s’était produite après le 18 juillet, correspondant au déplacement de la pièce de Bruyères-sur-Fère à Beaumont-en-Beine, et qu’aucune autre pièce n’était alors en état de fonctionner. Les sources sont d’accord sur la date du premier tir (qui se serait déroulé en présence du professeur Rausenberger 23 : 23 mars, et à peu près sur l’heure : entre 7h09 et 7h17. Dès le premier jour, les tirs se poursuivirent de quart d’heure en quart d’heure, ou à peu près, jusqu’à 14 heures ; le tir cessa alors à cause du soleil qui perçait, rendant les observations aériennes possibles. Le premier obus est tombé à Paris entre 7h12 et 7h20 ; les sources consultées ne sont pas d’accord sur la situation de l’impact mais c’est peu important. Dès le premier jour, à 15 heures, le ministère français de la Guerre communiquait à la presse que les tirs avaient causé une dizaine de morts et une quinzaine de blessés.

23 Mais pas en présence de l’empereur, ce que les auteurs allemands n’auraient pas manqué de rapporte(...)
24 SHD/DAT, 18 N 462, note pour le 3e bureau.
28Pour éviter le repérage des pièces, que ce fût par les SRS (sections de repérage par le son) ou par l’observation aérienne, les Allemands avaient organisé une véritable mise en scène. Plusieurs batteries de 170 et 210 mm, situées à proximité du front dans le plan de la trajectoire, avaient tiré simultanément tandis que dix escadrilles déployaient une activité soutenue dans les mêmes zones, établissant un rideau en avant de la forêt de Saint-Gobain. Le même officier prisonnier déjà cité révèle : « Dans le voisinage immédiat [des Parisener Kanonen], quatre pièces de 38 cm [des Max] tiraient en même temps, les six pièces étant placées sous le même commandement.» Deux autres prisonniers le confirment : ils ont assisté, dont l’un à plusieurs reprises, au tir de deux de ces pièces destinées à saturer l’environnement sonore ; elles étaient embossées sur des épis « dans un bois à l’ouest de Couvron [dit de la Queue de Monceau] ; elles n’en sortaient que pour tirer et y retournaient aussitôt après ; elles tiraient en même temps que les Parisener Kanonen et seulement en même temps ». Le 2e bureau du GAR fit état tardivement (10septembre) d’une de ces pièces repérée fin août, qu’il croyait être celle qui tirait sur Paris (il n’y a pas d’ambiguïté sur la nature de cette pièce : « dans le bois ouest de Couvron, à 10 km de Crécy-sur-Serre », donc la Queue de Monceau) 24. Le lendemain 24 mars, les tirs reprirent dans les mêmes conditions que la veille, bien que la batterie n’eût aucun renseignement sur les résultats de la journée précédente. Ce fut seulement vers 13h00 qu’un appel téléphonique de l’état-major suprême annonça la réussite de l’opération : les journaux parisiens du matin rendaient compte des impacts de la veille et de leurs effets. Dès le troisième jour, le retour de ces informations jusqu’à la batterie ne prenait plus que quatre heures, grâce à deux « taupes » allemandes en poste à Paris qui téléphonaient les renseignements à un correspondant de Morteau d’où ils étaient portés à Schaffhouse, en Suisse (Eisgrube). Les tirs se poursuivirent ainsi jusqu’au 3 mai, quelquefois espacés de seulement cinq minutes, ce qui laisse supposer que trois pièces étaient en batterie, entrecoupés par les tirs de contrebatterie de l’artillerie française. Le 3 mai (et non le 25 mars comme l’avance un ouvrage récent), une pièce fut détruite par l’éclatement d’un obus dans son tube, et pas par l’artillerie française comme rapporté par plusieurs. Les récits de Kinzel et Eisgruber, auteurs allemands et forcément apologétiques, pourraient passer cet événement sous silence mais ils le reconnaissent : « Un éclatement de tube s’étant produit une fois, le redressement du tube fut toujours, par la suite, contrôlé immédiatement avant le chargement. »Un prisonnier allemand le confirme, qui situe parfaitement les deux Parisener Kanonen, qui les a vus, et dit : « Un seul était en état de tirer, le tube de l’autre était éclaté.» (20 juin).

25 Citons ici le seul autre incident connu : sur la position de Beaumont-en-Beine, « la plateforme mé(...)
29Cet accident qui provoqua peut-être des pertes de personnel, en dépit des abris enterrés, fut également confirmé par les habitants de Crécy-sur-Serre, bien placés pour en ressentir les effets et qui, en dépit du secret qui entourait toute l’opération Parisener Kanone, avaient forcément des relations avec quelques Allemands 25.Des vérifications approfondies de la pièce survivante s’imposant, les Parisiens vécurent trois semaines de calme. Le 27 mai, les tirs reprirent et se poursuivirent jusqu’au 11 juin, avec une seule pièce (selon Poirier et Eisgruber). Nouvelle interruption à partir du 12 juin.Le 27 mai, les Allemands ont repris leur offensive générale, d’abord réussie, vers le sud et le sud-ouest ; dans le premier cas, elle les a menés jusqu’au sud de la Marne de Château-Thierry où ils se sont établis le 1er juin ; dans le second, ils ont occupé Chauny (à 11 km au sud-est de Beaumont-en-Beine) le 2 juin. Le commandement n’a pu prendre la décision de déplacer une pièce de Crépy-en-Valois vers Bruyères-sur-Fère que quand les positions y ont été consolidées. Ensuite, il a fallu trois semaines pour déposer la (ou une) pièce du mont de Joie, la charger sur un train, la déplacer via Laon, Soissons et Braine, et la remonter, cette fois sur une plate-forme métallique (rappel : 14 jours pour cette dernière opération à elle seule). Ce scénario expliquerait la deuxième séquence de silence, du 12 juin au 14 juillet. Mais il est en contradiction avec les témoignages des habitants de la vallée de la Serre qui affirmèrent que la pièce du mont de Joie avait tiré jusqu’au milieu de l’été ; c’est une date imprécise, bien sûr, mais qui ne peut être raisonnablement antérieure à fin juillet. Et ceci confirmerait le tir simultané de deux pièces dans la dernière période : celle de Crépy-en-Laonnois et une autre d’abord à Bruyères-sur-Fère puis à Beaumont-en-Beine. Dans ce cas, le deuxième entracte aurait une autre cause : nouvel incident technique, attente d’un nouveau tube venant d’Allemagne (la priorité ayant été donnée peut-être à la pièce de Bruyères-sur-Fère), site mis en sommeil du fait des actions de l’artillerie française
En 46 jours de tirs, 367 obus ont atteint la capitale et sa banlieue, selon la préfecture de police de Paris. Eisgruber n’en annonce que 320 ; un autre auteur : 400 obus tirés mais seulement 367 impacts. Que sont devenus les autres ? Si les dégâts matériels sont restés relativement limités, sauf à l’église Saint-Gervais dont il sera question ci-après, les pertes humaines n’ont rien d’insignifiant. Dès le premier jour de tirs (23 mars 1918), 18 obus sont tombés sur Paris et 4 sur la banlieue causant, selon le communiqué officiel qui reste imprécis, une dizaine de morts et une quinzaine de blessés. Le 29 mars, un seul obus toucha Paris, en l’occurrence l’église Saint-Gervais pendant l’office du Vendredi-Saint, crevant la toiture et la voûte et détruisant la moitié supérieure d’un pilier. Plusieurs renseignements contradictoires ont été publiés sur le nombre de victimes pendant et après la guerre. Tenons-nous donc au libellé du monument commémoratif élevé dans l’église même : 91 tués (dont 52 femmes) et 68 blessés. Au total, on a décompté 256 morts et 620 blessés. Une carte donnant l’emplacement des points d’impact a été publiée par L’Illustration dans son numéro du 4 janvier 1919
Conclusions
37Le pluriel s’impose car la solution n’est pas unique. Bien entendu, le lecteur intéressé sort insatisfait d’une jungle d’informations incertaines et contradictoires, dont seules celles provenant d’acteurs de l’opération sont considérées ici comme exactes. Essayons de trier.

38Les sources. Tout laudatifs et apologétiques qu’ils soient, les récits de Kinzel, Kunsel et Eisgruber s’avèrent les plus sûrs. Les deux premiers ont participé directement à la conception de l’arme. Il est très probable qu’Einz Eisgruber ait appartenu à une des équipes de pièce ou alors il a publié les témoignages d’un autre officier. Jules Poirier, journaliste parisien, est surtout crédible pour ce qui s’est passé à Paris. Les autres auteurs des années 1920 n’ont pu exploiter les sources allemandes, publiées après l’édition de leurs ouvrages. C’est pourtant à ceux-là que se réfèrent des publications récentes (2000 et 2002) ignorant les récits allemands publiés entre 1926 et 1934. L’une est illustrée avec la photo d’une pièce sur voie ferrée qui n’est pas un Parisener Kanone.

39Les faits. On peut les regrouper en quatre ensembles : ce qui est certain, ce qui est probable, ce qui reste hypothétique, ce qui est faux et qu’il faut rejeter sans hésitation.

40Ce qui est certain. La philosophie et les prolégomènes de l’opération : la pièce Parisener Kanone, la Grosse Bertha des Parisiens, a été utilisée exclusivement contre Paris et son agglomération, ce pourquoi elle a été conçue et réalisée. De plus, elle n’avait pas pour but premier de détruire mais de paniquer la population : c’était une arme psychologique. L’histoire de sa gestation jusqu’aux essais, ses caractéristiques techniques, celles de ses projectiles, de ses positions de tir et des tirs, telles qu’elles sont exposées ci-dessus, ne sont plus contestables :

■c’était une pièce d’un calibre relativement modeste (210 à 240 mm) en comparaison des autres pièces à longue portée, et ce n’était pas une pièce sur voie ferrée ;

■l’arme a été construite à sept exemplaires pour le tube et au moins trois exemplaires pour l’affût de tir ;

■deux pièces au moins ont été établies à Crépy-en-Laonnois (mont de Joie) et ont été mises en œuvre simultanément (aucune sur le mont de Joie proprement dit, mais seulement au pied) ;

■l’une des pièces a été détruite par un incident de tir, sur le site de mont de Joie ;

■deux types d’embase ont été utilisés : une fixe en béton, une métallique démontable ;

■trois sites de tir ont été aménagés, dont deux (Bruyères et Beaumont) ont reçu des plates-formes métalliques ;

■tous les sites de tir sont situés dans le département de l’Aisne, à une distance maximum de 45 km de Laon et de 92 à 121 km de Notre-Dame de Paris ;

■les points d’impact sont connus comme aussi le nombre de victimes.

41Ce qui est probable. L’existence simultanée d’une troisième pièce à ou près de Crépy-en-Laonnois. Une au moins des pièces de Crépy-en-Laonnois a poursuivi ses tirs durant l’utilisation des autres sites.

42Ce qui reste hypothétique. La position exacte de la troisième pièce de Crépy ; le nombre de tubes utilisés ; la raison du deuxième « entracte », du 11 juin au 15 juillet, et du troisième, entre une date indéterminée et le 5 août.

43Ce qui est indubitablement erroné. L’existence d’une kyrielle de Parisener Kanonen ou Grosses Berthas tout le long de la ligne de front pendant la Première Guerre mondiale et la réapparition de certains en 1939. La mobilité du Parisener Kanone, pièce sur voie ferrée que l’on pouvait déplacer comme les autres pièces de ce type, dans des délais brefs. La destruction d’une pièce par bombardement d’artillerie ou aérien.

44La vraie conclusion se situe à un autre niveau. D’abord l’opération Parisener Kanone se révèle comme une formidable prouesse scientifique et technique, qu’il s’agisse de la conception, de la réalisation du matériel, de la mise en batterie et de l’exécution des tirs. Il faut saluer la performance. Mais cette opération peut se définir aussi comme un échec stratégique lamentable. Tant de matière grise et de moyens matériels consommés sans résultat ! Le Parisener Kanone devait créer, au sein de la population de la capitale française, une psychose telle qu’elle aurait influencé les décisions du gouvernement sur la conduite de la guerre et l’aurait amené à la capitulation. L’objectif physique a été atteint, l’objectif final réel ne l’a pas été. Il en sera de même, vingt et quelques années plus tard, des bombardements allemands sur le Royaume-Uni et des bombardements alliés sur l’Allemagne. Loin de démoraliser la population, et en dépit des souffrances et des pertes humaines, ils ont seulement renforcé sa détermination à la lutte. Enfin, le troisième et dernier aspect de cette histoire est le caractère polémique qu’elle a pris et conservé, dû aux mystères qui subsistent. Certains n’y voient qu’un mythe pur et simple. D’autres admettent l’existence du Parisener Kanone mais doutent de sa mise en œuvre. Longtemps encore, ceux qui ont appris que le terme Bertha ne s’appliquait pas à un canon géant et ceux qui, de bonne foi, sont persuadés du contraire, se jetteront leur savoir au visage.

45N’en déplaise aux Allemands et aux puristes de tout bord, dans la mémoire collective des Français, et particulièrement des Parisiens, la Grosse Bertha restera cette pièce extraordinaire qui a bombardé la capitale pendant plus de cinq mois, en 1918, car c’est sous ce nom qu’elle est entrée dans la légende, comme le cheval de Troie.

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Re: La Grosse Bertha à Coucy (02)??????

Message par Maczek le Mar 17 Jan - 12:55

ça étale sa science lol.

J'ai justement un livre de la collection "patrie" sur Paris bombardé par la grosse bertha, je vais surement y trouver des infos pour pouvoir vérifier tout cela.




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lol

Message par regis02 le Mar 17 Jan - 13:35

je suis là pour t'instruire tu le sait bien lol !!!!
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Re: La Grosse Bertha à Coucy (02)??????

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